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Aktis Architecture : EcoQuartier de Bonne

La ZAC de Bonne a été l'un des premiers EcoQuartier de France. Ce projet novateur s'est installé sur le terrain d'une ancienne caserne militaire à Grenoble, en plein cœur de la ville. L'emplacement est idéal entre le centre-ville historique et les faubourgs. Laurent Gaillard, l'architecte en chef depuis 2004 de Bonne, revient pour nous sur cette expérience.

Ce projet avait pour ambition de créer un quartier compact, écologique et mixte. Pionner du bioclimatique, l'EcoQuartier de Bonne s'articule autour d'un parc, devenu le deuxième plus grand de la ville. Il est habité depuis un peu plus d'une dizaine d'années. La ZAC de Bonne fait partie du programme Concerto, lancé par l'Union Européenne en 2003 pour favoriser un urbanisme et une architecture radicalement économe en énergie évitant les rejets de CO2 et favorisant les énergies renouvelables.

La rédaction propose un retour sur ce "laboratoire" de l'architecture et de la ville durable. Laurent Gaillard, l'architecte en chef depuis 2004 de Bonne, revient pour nous sur cette expérience.

MUUUZ Est-ce que selon vous Grenoble, a été, et est toujours, une sorte de laboratoire français de l'architecture durable ? Pourquoi la ville de Grenoble en particulier ?
Laurent Gaillard Oui, même si les équipes politiques ont changé, le cap est bien maintenu et même renforcé sur l'architecture durable, à Grenoble c'est une nécessité géoclimatique. On sait que dans les villes denses, qui plus est contraintes par un relief favorable à la stagnation des polluants, c'est le bâti qui pollue le plus devant les transports et l'industrie. Il y a aussi une forte volonté de redévelopper l'usage du bois – stock de carbone – dans l'architecture en ville et du bois énergie. C'est du local, avec des emplois locaux à la clé sur une ressource renouvelable et très présente dans notre région.

MUUUZ Quelle architecture défendez-vous ?
L.G. D'abord une approche low tech, qui consiste à être sobre et économe en ressources par la force de la conception de base, le manteau isolant, les apports solaires bien orientés, en bref toutes les bases intemporelles de l'architecture qu'on avait un peu oubliées avec la folie de l'énergie pas chère. Ensuite, le moins possible de machinerie coûteuse en investissement, en consommation et en maintenance. Enfin, si possible l'utilisation des ressources locales et des circuits courts, ce qui n'empêche pas de faire très contemporain. Le volet adaptation aux nouveaux usages prend une importance grandissante avec les nouveaux comportements, la connectivité permanente, etc.

MUUUZ Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de la conception de l'EcoQuartier de Bonne au début des années 2000 ?
L.G. Ce fut très difficile, un combat permanent pour faire comprendre avant l'heure que nous avions raison, que nous étions dans le sens de l'histoire. Les politiques étaient très divisés, heureusement qu'il y en avait qui portaient cette ambition, comme Pierre Kermen ; et que nous avions le « prétexte » des financements du programme européen Concerto, sinon nous n'y serions pas arrivé. Les contre nous accusaient de renchérir la construction des logements, mais la réalité a montré que nous avions raison et qu'il fallait rattraper notre retard français, tout cela c'était bien avant la prise de conscience du Grenelle, nous étions des extraterrestres, voire des dangers pour certains. Heureusement que nous avons pu réaliser ce véritable laboratoire qu'est l'EcoQuartier Bonne.

MUUUZ Dix ans après le début du projet, en quoi les mentalités ont-elles changé concernant le durable ?
L.G. C'est devenu très facile de parler de durable mais il faut faire le tri. C'est devenu une mode qui fait courir le risque de faire n'importe quoi avec de la peinture verte. Heureusement, le travail acharné de Franck Faucheux au Ministère a permis de créer un véritable label EcoQuartier qui permet de faire ce tri. J'ai répondu à son invitation et contribué à ce projet. Nous pouvons être fiers du process français de labellisation des EcoQuartiers qui n'est attribué qu'une fois l'opération réalisée et testée en majeure partie. Mais il existe un vrai problème, toujours le même ; les grandes villes dotées de moyens sont en avance, mais les petites rurales, à quelques exceptions près, sont encore loin des préoccupations que nous avons aujourd'hui concernant la ville durable... c'est la France à deux vitesses.

MUUUZ Le quartier de la ZAC de Bonne a été une première, que vient-on y observer, y étudier aujourd'hui ?
L.G. Tout et surtout les résultats techniques et comportementaux, c'est édifiant ! (rires)

MUUUZ Concernant l'EcoQuartier de Bonne, quels ont été les retours, si précieux au travail d'un architecte ? Connaissez-vous les réactions des habitants du quartier ?
L.G. Ce qui est le plus précieux pour nous est en effet le retour d'expérience. Concernant la performance énergétique il y a eu, et il y a toujours, un foisonnement d'écoles de pensée architecturo-énergétique avec des ténors ingénieurs énergéticiens qui s'affrontent sur des postures. Heureusement, chaque site, chaque projet, chaque programme, chaque utilisateur est spécifique, différent de l'autre et c'est à l'architecte que revient le rôle de faire le tri pour retenir les solutions les mieux adaptées à ces contextes différents. Bien sûr, il y a toujours des septiques, voire des détracteurs. Il y a aussi des disfonctionnements, mais il faut bien comprendre que nous sommes encore en plein rodage. Tous les acteurs sont loin d'être prêts et formés à la sobriété énergétique, aux évolutions des comportements, au retour des services partagés, à la demande de maitrise de ses consommations, etc. C'est le métier de syndic de copropriété qui est le plus en retard sur la réalité de la demande.

MUUUZ Les priorités ont-elles changé, ou se sont-elles renforcées concernant l'architecture durable ?
L.G. Pour nous les priorités ont totalement changé, nous sommes obligés de nous adapter aux exigences des décideurs élus, maîtres d'ouvrages... Mais nous ne restons pas passifs, nous tentons à chaque occasion de donner envie aux plus récalcitrants d'aller vers la durabilité, le soutenable, en faisant comprendre les enjeux et même l'intérêt pour le décideur. C'est un combat pour l'élévation de la conscience collective et la préservation des ressources et des conditions de vie pour les prochaines générations.

MUUUZ Vous considérez-vous comme optimiste vis-à-vis du développement durable ?
L.G. Optimiste oui, par nature et heureusement car la tâche est immense, il y a encore trop de freins, trop de gens qui n'ont pas compris qu'il faut changer de logiciel sinon nous allons tous dans le mur. Et puis il y a la dictature du court-termisme qui scie la branche sur laquelle nous sommes assis...

MUUUZ Quelle est votre propre définition de l'architecture durable ?
L.G. Je ne peux pas en quelques mots définir l'architecture durable, d'ailleurs ce mot convient mal. L'architecture dans toute l'histoire était faite pour être durable, c'est donc un pléonasme. Il faut parler de soutenable pour les générations futures. C'est peut-être ça la définition.

Maître d'ouvrage : Ville de Grenoble

Surface : 8,5 HA

Programme :

 - 850 logements (35% locatif social)

- 15 000 m² de commerces

- 6 000 m² de bureaux

- Hôtel 4 étoiles

- Résidence pour étudiants

- Parc urbain de 5 hectares et de jardin en coeur d'îlot

- Ecole de 15 classes extensible à 17 

Pour en savoir plus, visitez le site de Aktis Architecture.

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